Depuis six mois, le lait fermier coule en circuit court à Auxy. L’occasion, pour la famille Bortolotti, de valoriser la production de son élevage en pleine période de conversion à l’agriculture bio.

Ils se sont installés en 1983 et travaillent en associés à parts égales. Élisabeth et Eric Bortolotti sont producteurs et éleveurs laitiers à Auxy. Y compris Mathieu, 22 ans, qui a rejoint ses parents depuis peu au sein du Gaec familial. Une exploitation agricole entourée de champs et de pâturages où règnent calme et tranquillité. Dans ce cadre idéal, leurs 60 vaches laitières sont nourries essentiellement à l’herbe fraîche des prairies naturelles. « À base de pâturage l’été et d’enrubannage l’hiver », détaille Élisabeth. « En revanche, on complète l’alimentation par un mélange de triticale-pois fourragers. » Des céréales produites uniquement sur l’exploitation. « On était dans le vrai »

Coup d’œil sur le troupeau. Inutile de chercher des Prim’Holstein, Brune ou Normande… Chez les Bortolotti, la Montbéliarde fait l’unanimité depuis belle lurette. « On connaît toutes nos vaches par leur nom, sourit Élisabeth, forcément, on les manipule matin et soir 365 jours de l’année, ça crée des affinités ! ». La famille a sélectionné la race « pour sa rusticité, son adaptation au pâturage mais surtout par goût personnel ». Chacune apportant ses 5 500 litres de lait annuels. Un lait qui sera bientôt bio. Car depuis un an, le couple d’agriculteurs se soumet au cahier des charges de l’agriculture biologique. Ils sont en pleine période de conversion. Pour Eric, tout a commencé il y a une quinzaine d’années quand il a nourri son troupeau avec de l’herbe. Au fil du temps, il a affiné sa technique et a délaissé définitivement le maïs et les produits phyto. « À l’époque, on était convaincu que c’était la voie à suivre, souligne le chef de famille, aujourd’hui on est contents de s’apercevoir que l’on était dans le vrai ». À quel moment s’est imposée l’orientation officielle ? « A l’annonce d’une future collecte Biolait sur notre secteur, assure Eric, c’est aussi l’occasion de valoriser notre travail ». De la cruche à lait au jerricane

En parallèle, la vente directe de lait cru a démarré fin 2010. « Les gens étaient demandeurs de produits authentiques frais, issus directement de la production », livre Élisabeth. De la réflexion à l’action, les « laitiers alciens » n’ont pas mis des années.

En novembre, l’agricultrice obtient le précieux sésame : la patente sanitaire. Dans la foulée, elle propose aux adeptes de renouer avec le plaisir du lait cru fraîchement tiré du pis de vache. Et ça marche ! Tous les soirs après la traite, l’impasse de Fontaine se transforme en… fontaine à lait. Qu’ils soient d’Auxy, Autun, Perreuil, Saint-Firmin ou Montcenis, les adeptes armés de cruches à lait, bouteilles ou jerricanes viennent s’emparer d’un produit sain et naturel. « J’ai même des clients qui me prennent du lait en grosses quantités, parfois jusqu’à 12 litres à la fois. C’est souvent pour faire des desserts, des yaourts voire du fromage blanc », raconte Élisabeth qui maintient son prix de vente à 0,70 € le litre. »

À travers la vente de lait cru, c’est la proximité que les gens viennent chercher. Ils ont plaisir à venir à la ferme. Et nous avons plaisir à les recevoir ».

Une production de lait qui sera couronnée du fameux label AB… le 1 er novembre.

Vente de lait cru du lundi au vendredi de 18 h 30 à 19 h 30 et le samedi de 8 h 30 à 9 h 30, La Coudre, Auxy.